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Souriez, vous êtes filmé !

par Sabino Di Monte - 22/02/2009

Un sourire

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est le signe sensible de l'amitié,
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Donne du courage au plus découragé
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire,
soyez généreux donnez-lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.

Raoul Follereau.


Le billet de Nicolas Beauvisage  

Circulez, y’a rien à voir ! - février 2009

En grande tournée parisienne, la Préfecture de Police de Paris (PPP) présente actuellement dans les différents arrondissements son « plan de vidéoprotection » (sachez le dès maintenant, on ne dit plus ‘vidéosurveillance’, c’est ringard !) : plus de 1200 caméras dans tout Paris dont une soixantaine dans le 10ème.

Œcuménisme et avenir électoral obligent, la PPP bénéficie de l’assourdissant silence de soutien de la majorité socialiste. En somme, caméras il y aura. Point à la ligne.

Mais une question me gratte la cervelle : quid du contrôle démocratique de ce système ?

Certes, en cherchant bien,
(http://www.prefecture-police-paris.interieur.gouv.fr/prevention/article/video_protection.htm),

le curieux trouve les prémices d'une« Charte d'éthique » ; et dixit la PPP, « un Comité d'éthique composé de membres qualifiés indépendants de l'administration… ».

Donc, pour contrôler les usages de ce mécano, non aux regards compétents de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés), de magistrats, de parlementaires, et encore moins de citoyens. Circulez,…

 
Nicolas Beauvisage

Membre de l’équipe d’animation du conseil de quartier

“Faubourg du Temple - Hôpital Saint-Louis”.



Prévention et sécurité
Plan de vidéoprotection pour Paris
 

Présenté le 20 octobre 2008, le Plan de vidéoprotection pour Paris vise à renforcer la capacité opérationnelle de la préfecture de police.

Les objectifs du plan de vidéoprotection pour Paris

Le réseau de caméras actuellement à la disposition de la préfecture de police est très inégalement réparti, avec des quartiers entiers de la capitale non couverts. Les 120 caméras existantes avaient principalement été déployées pour gérer les grands évènements d'ordre public et protéger le siège des institutions de la République. Outre l'obsolescence technique de ces caméras et la qualité médiocre des images, le dispositif actuel ne permet pas l'enregistrement. Il est donc très peu utilisable au service de la protection des personnes et de l'action préventive ou répressive de la délinquance.

En densifiant la vidéoprotection sur la voie publique et sur les berges de la Seine, le Plan de vidéoprotection pour Paris vise à pallier ces carences et à renforcer la capacité opérationnelle de la préfecture de police dans quatre domaines principaux :

Mieux gérer la circulation sur les principaux axes de la capitale et aux abords de ses portes et renforcer la sécurité routière. En détectant plus rapidement les points d'encombrement et les effets de reports de trafic, les états-majors et les agents chargés de la circulation disposeront d'une aide à la décision en temps réel. Ils pourront être plus réactifs pour fluidifier la circulation. L'image peut également être mise au service des actions de sécurité routière.

Faciliter la gestion de l'ordre public, notamment lors de grands rassemblements et manifestations et assurer la protection des institutions et des établissements sensibles. La modernisation et l'extension du dispositif permettront de mieux gérer les dispositifs sur le terrain, au bénéfice d'une plus grande sécurité et à moindre coût en moyens humains et matériels. En outre, les phénomènes de violences rencontrés ces dernières années à l'occasion de manifestations revendicatives justifient particulièrement le recours à la vidéoprotection afin de garantir l'exercice des libertés publiques.

Renforcer la sécurisation de Paris, de sa population et de ses visiteurs contre la délinquance. La vidéoprotection a d'abord des effets dissuasifs et préventifs. Elle permet d'optimiser et de démultiplier la présence policière sur le terrain et offre un potentiel de réactivité à l'état-major d'arrondissement ou central. Par la détection rapide des incidents ou des situations tendues, elle favorise une intervention plus rapide. Elle a un impact dissuasif direct sur certains sites particulièrement criminogènes. Outre ses dimensions préventives, la vidéoprotection est aussi un moyen d'aide à l'élucidation et au rapport de la preuve, à charge comme à décharge. Comme pour les caméras embarquées sur les véhicules, l'image contribue au strict respect de la déontologie par les services de police tout en protégeant les policiers contre les accusations infondées ou dilatoires.

Prévenir le risque terroriste. L'image est un appui fort à la sécurisation des sites sensibles.

Les propositions des services de police aboutissent à un projet représentant un peu plus d'un millier de caméras. Leur implantation résulte d'une analyse concrète et approfondie des points de congestion du trafic, des sites accidentogènes, des besoins relatifs à la sécurisation des grands rassemblements et des lieux les plus touchés par la délinquance.

Il ne s'agit pas de couvrir chaque parcelle du territoire parisien. Non seulement le coût serait hors de portée, mais il serait impossible de les gérer toutes sur le plan opérationnel. Au total, cette démarche aboutit à une moyenne de 60 caméras par arrondissement, dans une fourchette comprise entre 25 et 93.


Annexes

QUELLE SERA LA GOUVERNANCE DU PROJET ?

La préfecture de police assure la maîtrise d’ouvrage du projet. Un comité de pilotage du projet, présidé par le préfet de police ou le préfet, secrétaire général pour l’administration, rassemble les représentants du ministère de l’intérieur, du ministère des finances et des directions et services de la Préfecture.

Le directeur de projet, ingénieur d’expérience spécialement recruté, placé sous l’autorité directe du Pré­fet /SGA, rend compte au président du comité de pilotage.

Une concertation sur le projet sera menée au cours des prochaines semaines dans chaque mairie d’ar­rondissement, le maire pouvant y associer les conseils de quartier. L’équipe projet de la préfecture de police présentera la cartographie de l’arrondissement, expliquera les choix d’implantation et répondra aux interrogations des élus et du public sur les enjeux techniques et les garanties prévues pour protéger les libertés publiques.

Sans préjudice des compétences de la commission départementale de vidéosurveillance, présidée par un magistrat du siège désigné par l’autorité judiciaire, le préfet de police propose l’adoption d’une Charte d’éthique et la création d’un Comité d’éthique afin de garantir le respect des libertés publiques et indivi­duelles par l’intervention d’une autorité morale indépendante.

QUELLES SONT LES PRINCIPALES ÉTAPES DU PROJET ?

  • septembre 2008       présentation au ministère chargé des finances du rapport préalable de recours au contrat de partenariat
  • janvier 2009              approbation du dossier de consultation et du programme fonctionnel
  • 1er semestre 2009     dialogue compétitif avec les prestataires candidats
  • été 2009                     signature du contrat de partenariat
  • été 2009 fin 2010      études, travaux et déploiement du dispositif
  • fin 2010                      mise en service opérationnelle progressive




    Vidéosurveillance, le guide pratique édité par la  LIGUE DES DROITS DE L’HOMME

     

    - rappelle et maintient sa franche opposition à la multiplication de systèmes de vidéosurveillance en ce que ces systèmes sont attentatoires à la liberté fondamentale de circuler sans entrave ni surveillance, attentatoires à la vie privée, et sont un outil de contrôle social.

    - constate et dénonce la carence de l’Etat concernant la communication d’informations sur ce sujet ; ce grave déficit d’information est à comparer à la volonté à nouveau affichée de multiplier ces instruments de vidéosurveillance.

    - déplore une telle position qui porte atteinte à la transparence que devrait manifester le ministère de l’Intérieur notamment dans ce domaine, si ses choix étaient aussi légitimes et pertinents qu’il le prétend.

    - dénonce le fait que le législateur n’ait eu de cesse d’augmenter le périmètre soumis à surveillance, sans accorder dans le même temps aux citoyens des droits équivalents à l’augmentation du contrôle.

    - réaffirme son opposition à toute participation aux comités d’éthique.

     La LIGUE DES DROITS DE L’HOMME demande que :

    - la totalité des systèmes de vidéosurveillance tant analogiques que numériques soient dans les plus brefs délais placés sous le contrôle exclusif de la Cnil.

    - un fichier national des traitements et des caméras, chaque caméra étant individuellement identifiée avec indication de sa localisation, soit mis en place immédiatement pour recueillir des informations sur toute nouvelle installation, et qu’un délai de six mois soit fixé pour que toutes les caméras existantes fassent l’objet de déclarations d’existence.

    Ce fichier devra être public, et notamment accessible par Internet, afin que chaque citoyen puisse aisément s’assurer que la caméra qui le filme a été régulièrement installée et fait l’objet d’un contrôle légal.

    - soit interdite toute incorporation dans les caméras de vidéosurveillance de logiciels permettant d’étudier les comportements des personnes.

    - soit interdit l’usage de caméras mobiles et de drones. Ces interdictions devront être pénalement sanctionnées de manière à ne pas permettre l’installation d’outils non seulement de surveillance mais de répression sur l’ensemble du territoire.

    La vidéosurveillance est-elle conciliable avec la liberté de
    circulation ?

    Par Claudine Guerrier
    Enseignant-chercheur
    Institut national des télécommunications


    Des Visages SOURIANTS









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